par Philippe NIEUWBOURG Mardi 21 Juillet 2009

Il s’appelle AGC (Apollo Guidance Computer). Il fait à peu près la taille de deux feuilles de papier, sur 5 centimètres d’épaisseur, et c’est le premier ordinateur a avoir mis le « pied » sur la lune !


L'interface utilisateur numérique de l'AGC
L'interface utilisateur numérique de l'AGC
En 1969, alors que le microprocesseur n’avait pas encore été inventé, c’est plutôt une calculatrice qui accompagne les trois astronautes dans leur voyage de la terre à la lune. Une calculatrice dont la fonction essentielle est de les aider à conduire leur vaisseau spatial. Une sorte de pilote automatique !
Cet AGC est en réalité embarqué en double exemplaire, un dans le LM (le Lunar Module) qui se détachera du CM (le Command Module) pour alunir. Le second est installé dans le Command Module.
Principal enjeu, soulager le travail de nos astronautes pendant ce voyage de huit jours en les aidant à calculer les trajectoires et en prenant parfois les commandes.
Cet ordinateur est purement numérique. Pas de clavier à lettres, juste des chiffres. L’ensemble des fonctions est accessible au travers de ce clavier numérique et d’un affichage de quelques caractères, lui aussi purement numérique.
Comparer sa puissance de calcul à ce que nous connaissons aujourd’hui est instructif. La fréquence d’horloge est de 2 Mhz quand nos ordinateurs personnels dépassent parfois aujourd’hui les 3 Ghz. Sa mémoire vive était de 4 Ko, soit 4096 caractères quand aujourd’hui le standard est plutôt de 4 Go. L’ensemble des programmes devait tenir sur une mémoire morte (la ROM) de 32 Ko, alors que nos disques durs dépassent aujourd’hui fréquemment les 500 Go. Pour la programmer, pas de langage évolué, juste un assembleur très proche de la machine. Imaginez donc que sur votre bureau ou même dans votre poche, vous avez une puisssance bien supérieure à ce dont les héros de Apollo 11 disposaient pour aller sur la lune !

Heureusement les calculateurs dont la Nasa disposait au sol étaient un peu plus puissants. Un peu seulement car là encore leur puissance vous ferait sourire. Tout comme leurs capacités de communication d’ailleurs. Dans un communiqué de presse envoyé à l’époque aux journalistes, la Nasa vante en effet la ligne à « haute vitesse » de transmission de données mise en place entre le centre spatial de Houston et le centre de la Nasa dans le Maryland. Une haute vitesse qui signifie 2400 bauds, soit 3333 fois moins qu’une ligne ADSL citadine aujourd’hui.
Quant à la communication entre Apollo 11 et Houston, elle s’effectuait par ondes UHF, qui transmettaient des données à la vitesse de 1200 bauds, soit 150 caractères par seconde. Cela n’empêchait pas les deux systèmes de s’échanger des informations plusieurs fois par seconde.

Au-delà de la prouesse technique de ce voyage spatial, profitons donc de ce quarantième anniversaire pour saluer l’informatique de cette année 1969, dont nous reparlerons dans les prochains mois car en décembre 1969, naît Arpanet... mais c’est une autre histoire.

L'AGC et son interface utilisateur (au centre)
L'AGC et son interface utilisateur (au centre)