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L'affaire de la Grande Arche

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par Philippe NIEUWBOURG Lundi 10 Août 2009
Bull Gamma 30
Bull Gamma 30
Présenté en France en 1961, le Gamma 30 est commercialisé par Bull à partir de 1962. Il est décrit par la CIMAB comme un ensemble électronique moyen dont les extensions peuvent être relativement importantes. Il est destiné principalement à la gestion des entreprises. La capacité de la mémoire centrale est selon le modèle, de 10 000, 20 000 ou 40 000 caractères. Un dispositif de simultanéité permet d’en augmenter les performances. Doté d’une unité arithmétique rapide, le Gamma 30 devient, tout en conservant toutes ses possibilités d’outil de gestion, une machine scientifique : le Gamma 30 S.

Quelques mots sur les plans de composition conseillés :
- Une unité centrale avec mémoire de 20 000 caractères, 6 dérouleurs de bandes, une imprimante et un lecteur de cartes... 60 m2 et 1,39 millions de francs (soit un peu moins de 2 millions de nos euros)
- Une unité centrale avec mémoire de 20 000 caractères, le dispositif de simultanéité, 12 dérouleurs de bandes, une imprimante et un lecteur de cartes : 80 m2 et 2,45 millions de francs (soit 3,5 millions d’euros)
- Et le haut de gamme, une unité centrale, avec 40 000 caractères de mémoire centrale, 2 tambours magnétiques, 5 dérouleurs de bandes, 2 imprimantes avec mémoire tampon, un lecteur-perforateur de cartes, un lecteur de bande perforée et une machine à écrire... occupent 100 m2 et coûtent 4,69 millions de francs soit... 6,7 millions d’euros !

Tiens parlons un peu des mémoires auxiliaires... Vous pouviez installer jusqu’à 6 unités de 128 disques pouvant enregistrer chacune 4,6 millions de caractères, le temps moyen d’accès était de 3,75 secondes !
Des disques de « haute performance » étaient également disponibles, avec un temps d’accès de 100 millisecondes. Chaque unité de 6 disques avait une capacité de 22 millions de caractères.
Les tambours magnétiques avaient une capacité de 12 800 mots de 10 caractères chacun. Le temps moyen d’accès n’était que de 10 millisecondes et la vitesse de transfert de 55 000 caractères par seconde.
Des cartes magnétiques BULLRAC permettaient de conserver de l’information sur une autre forme de support physique. Un magasin amovible contient 2 x 128 feuillets de 166 400 caractères. Une unité de chargement comprend 8 magasins (340 millions de caractères) et on peut connecter jusqu’à 16 unités de chargement, soit un total de 5,5 milliards de caractères... mais l’investissement devait alors être plus que conséquent !

Liens :
- Présentation du Gamma 30 sur le site de la FEB (Fédération des Equipes Bull) : http://febcm.club.fr/systemes_ord/hsg30.htm
- Une superbe collection de photos du Gamma 30 de la FEB : http://www.febangers.com/febpatton/img_mat_cart_perfo/FEB-214_CPU%20GAMMA%2030/index.html

Si vous avez connu cette machine, ou avez une anecdote à partager, utilisez la zone de commentaires ci-dessous pour la faire connaître.


Commentaires

1.Posté par MEGARD Jean-Pierre le 14/12/2009 15:25
Rien que d'y penser, j'ai une indigestion de Cobol!
J'ai eu à travailler sur cette bécane dans les années 60 chez Péchiney-Progil à Lyon. Le pool perfo-vérif occupait uns bonne vingtaine d'opératrice. La liaison avec les agences et nos clients en sous-traitance se faisait par bande perforée (24 car/seconde) que l'on numérisait ensuite sur bande magnétique. Les tris sur bande étaient très longs et nécessitaient un sans-faute de la part de l'opérateur. Seules les imprimantes-lignes de l'époque pourraient encore rivaliser avec celles d'aujourd'hui : le listing "giclait" littéralement dans le bac de réception. La salle était réfrigérée par un système de soufflerie partant d'un silo à glace approvisionné plusieurs fois par jour par les Glacières de Paris, ce même fournisseur livrant les cafés, restaurants et autres boucheries-charcuteries de Lyon. Et dire que le moindre PC, aujourd'hui, est des milliers de fois plus puissant que ce dinosaure !

2.Posté par Bailly Danielle le 15/03/2011 10:13
Je suis entrée à la SFAC comme perfo en 1967. Le service était équipé du Gamma 30 et du Gamma 10. Je me souviens des perfos (machines, ou femmes, j'étais perfo), des vérifs... des cartes qui partaient à la salle des machines pour être triées, traduites, classées, inter-classées... des tableaux à cabler...
Quand on est jeune, on travaille dans ce milieu sans trop penser à la technologie... plus tard, on se rend compte de l'évolution.
Les galères de l'époque... La facilité d'utilisation d'aujourd'hui...

3.Posté par Daniel Merceron le 02/05/2012 14:27
J'ai beaucoup travaillé sur cette machine. Quand je vois ce que nous arrivions à réaliser dans seulement 40K, c'était tout bonnement fantastique. Je repense à la tête de mon patron quand nous lançions des programmes avec un maximum de cartes Elabore quinous permettaient d'alt"r"r le contenu d'un programme. Rassurez-vous, il n'a jamais fait de crise cardiaque.

4.Posté par Michelet le 14/05/2012 17:46
Un vendredi après-midi on me deamnde d'arrêter la mise en place d'une série 300 pour la plus grande société productrice d'outils artisanaux.(5000 produits et 5000 clients environ).
La semaine suivante je suis un cours d'une semaine ou l'on m'apprend la pratique de l'autocode.
L'application est la gestion commerciale (Commandes, stocks, bons de livraison, factures, paiements, statistiques,etc) 4 à 500 commandes par jour d'une dizaine de lignes environ) Il faut remplacer 3 tabulatrices, 1 Gamma 3.
Il a fallu s'organiser et gerer l'anlyse fonctionnelle, organique et la programmation.
Seuls un logiciel pour le tri et une gestion simplifiée d'un nombre "d'articles" par bloc étaient disponibles. Plus de 100 programmes ont dus être écrits. 23 programmeurs Bull, sortant d'un cours, sont venus s'exercer. Le démarrage à duré 15 mois. Bien que l'application correspondait parfaitement aux besoins du client, le temps de traitement était plus long que prévu et l'application durait plus de 12 heures par jour. Les "compilations et les tests des apllications supplémentaires se faisaient la nuit. Une fois l'application bien rodée, elle se déroulait la nuit et la journée donnait du temps libre poor améliorer le système et faire les nouveaux dévelloppements

5.Posté par Patrick Flynn le 19/12/2012 18:52
Please forgive me using English. I programmed this machine beginning 1963 in Chloride Batteries Ltd, near Manchester, UK. There were a small number sold in the UK. our Support Manager from DLR Bull was Mike ('Rupert') Bayfield. It was a challenging machine due to its very small memory but extensive use of indirect addressing, sub-routines,mvariable-length data strings etc enabled us to produce systems for many of the business/office applications. It was great fun! Although most of our work was in Assembler, we did try to use COBOL but without much success. I still have the laminated card containing the program instruction set and think I could still write a program if I tried!

6.Posté par Noui le 12/03/2016 23:36
Vous souvenez vous du cobol francais et de l'autocode (assembleur) francais.
Et que dire de l'inclusion de lignes d'autocode francais dans du cobol anglais....

7.Posté par BRUNO BODIN le 13/11/2017 20:44
j'ai commencé ma carrière d'ingénieur commercial BULL en 1963 au moment où le GAMMA 30 arrivait : grand souvenir que la découverte de cette belle machine à l'école rue des viinaigriers ...

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