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L'affaire de la Grande Arche

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par Cyril BARTOLO Lundi 21 Décembre 2009

Notre rapport à l’informatique va changer du tout au tout d’ici 2030.


Cyril Bartolo
Cyril Bartolo
La localisation : la puissance de l’ordinateur et sa capacité de sauvegarde ne seront plus enfermées dans un boîtier à nos pieds, mais seront externalisées hors de chez nous…dans le « cloud »…auquel nous accèderons via une connexion à très haut débit typiquement en fibre optique, et accessibles depuis partout (de chez soi, du bureau, en transport,…) par l’équivalent du Wifi d’aujourd’hui.
Il est d’ailleurs intéressant que l’on revienne ainsi aux grands centres de calcul centralisés qui ont fait les débuts de l’informatique.

Le clavier : le clavier d’aujourd’hui semblera bien archaïque ! Comment peut-on encore en être à taper sur chaque lettre pour faire des phrases ?! Le clavier sera remplacé par la reconnaissance vocale, et pour pouvoir commander l’ordinateur en environnement bruyant ou en toute discrétion la caméra de l’ordinateur permettra la lecture labiale..

La souris : ce bel outil de pointage sera d’abord complété par une reconnaissance par l’ordinateur de nos mouvements de main qui permettront de manipuler les objets de l’écran ou ses ‘fenêtres’, un peu comme on le fait aujourd’hui avec le doigt sur un écran tactile, sauf qu’en 2030 nos mains n’auront plus d’écran à toucher mais simplement à se mouvoir dans l’espace.
Le guidage de la souris sera simplement remplacé par l’œil, une caméra identifiera l’endroit exact pointé par notre regard.
La technologie Touch sera donc remplacée par la technologie Follow Me (« Suis-moi ») qui suivra le mouvements des mains et de l’œil.

L’écran : l’écran est trop encombrant pour perdurer ainsi, surtout en ce qui concerne les ordinateurs portables. L’écran sera remplacé de plusieurs manières : pour la version fixe par exemple dans un bureau, un grand écran mural très fin composé d’une simple plaque d’un genre de plexiglass à poser au mur, une pièce de bureau pouvant en comporter plusieurs ; pour la version portable normale un petit rétroprojecteur pourra créer une image d’écran sur n’importe quelle surface plane afin de pouvoir utiliser l’ordinateur n’importe où sans avoir à transporter un écran ; pour la version portable discrète, un envoi des données sur des verres de lunettes afin de reconstituer une image d’écran devant les yeux (de manière discrète).

Ainsi l’ordinateur de 2030 aura la taille d’une à deux boites d’allumettes, suffisant pour se connecter au Cloud, contenir une caméra pour comprendre nos instructions, avec un projecteur ou lien d’activation à l’écran le plus proche ou lunettes afin de visualiser l’information.

Et donc en 2030 les claviers, souris, écrans et boîtiers d’ordinateurs seront considérés comme autant d’objets encombrants, consommateurs d’énergie et inutiles car il « suffit » de faire simple et naturel.

Le système de lunettes, décliné aussi en lentilles de contact, associé au Follow Me sera la base d’un fort développement des mondes virtuels comme Second Life, et World Of Warcraft pour les jeux.
En effet, les systèmes en 2030 seront ouverts, partagés, et ultra-collaboratifs.
Le WorldWideWeb d’aujourd’hui migrera en WorldWideWorld.

D’un point de vue professionnel, les ex Directeurs des Systèmes d’Information devenus des Directeurs de l’Information et de l’Innovation (CIIO) joueront un rôle de plus en plus majeur dans la performance globale de l’entreprise à travers la mise en place de systèmes collaboratifs et de workflow et de Business Intelligence, et dans la différenciation de l’entreprise par rapport à ses concurrents à travers une innovation technologique permanente.

Enfin, avec le démarrage significatif de l’intelligence artificielle robotique un peu avant 2020, les interfaces hommes-machines en 2030 seront intelligentes, sans égaler loin s’en faut l’intelligence de l’homme, mais comprenant déjà une bonne reconnaissance du langage naturel, capables de raisonner dans des sous-ensembles bien définis, et donc de converser un peu avec nous afin de nous aider dans notre rapport avec « l’information ».

Jusqu’au jour où l’homme se demandera s’il a vraiment besoin d’autant d’information pour être heureux, et à travers des mondes plus virtuels que réels ?

Jusqu’au jour où l’homme sera capable de créer des mondes réels (où le biologique et l’informatique se mêleront) mondes créés comme il les souhaite, et de s’incarner dans les créatures qui le peupleront, afin de vivre d’autres vies…mais n’est-ce pas ce que nous faisons déjà ?

Participez vous aussi au débat, envoyez vos contributions sur l'idée que vous vous faites de l'informatique dans 20 ans par email à philippe.nieuwbourg@museeinformatique.fr