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Demain mercredi 11 octobre, à la Cour d'Appel de Versailles
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Les nouvelles de l'Observatoire du Développement Durable
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Retour sur notre rendez-vous lundi 21 février au cabinet de Nathalie Kosciusko-Morizet
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Le ministère du développement durable débouté de sa demande d'expulsion en référé
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Plus d'un mois pour quelques centaines de mètres, les courriers de Patrick Devedjian maltraités par les services du CG92 ?
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par Philippe NIEUWBOURG
Mardi 28 Juillet 2009
... et les mots auxquels nous avons échappé : Systémateur, Combinateur, Congesteur, Ordinatrice...
A l’époque, en 1955, les machines électroniques de traitement des données étaient encore appelées « calculateurs », héritage de leur usage premier, celui de réaliser des calculs tels que le décryptage, les calculs de tirs ou le recensement pendant la seconde guerre mondiale. Mais IBM anticipait déjà l’arrivée sur le marché de machines plus puissantes, dont les séquences de programmation permettraient de réaliser des traitements plus complexes et de manipuler beaucoup de plus de données...
Au printemps de 1955, IBM France s’apprêtait à construire dans ses ateliers de Corbeil-Essonnes les premières machines électroniques destinées au traitement de l’information. Aux États-Unis ces machines étaient appelées Electronic Data Processing System ou EDPS. Le mot computer était plutôt réservé aux machines scientifiques et se traduisait aisément en calculateur ou calculatrice. Sollicité par la direction de l’usine de Corbeil-Essonnes, François Girard, alors responsable du service promotion générale publicité, décida de consulter un de ses anciens maîtres, Jacques Perret, professeur de philologie latine à la Sorbonne. À cet effet il écrit une lettre à la signature de Christian de Waldner, président d’IBM France. Il décrit sommairement la nature et les fonctions des nouvelles machines. Il accompagne son courrier de brochures illustrant les machines mécanographiques. Le 16 avril, le professeur Perret lui répond. L’ordinateur IBM 650 peut commencer sa carrière. Protégé pendant quelques mois par IBM France, le mot fut rapidement adopté par un public de spécialistes, de chefs d’entreprises et par l’administration. IBM décida de le laisser dans le domaine public.
Le courrier à l’origine du mot : (dont IBM France était le destinataire)
« Le 16 IV 1955
Cher Monsieur,
Que diriez-vous d’ordinateur? C’est un mot correctement formé, qui se trouve même dans le Littré comme adjectif désignant Dieu qui met de l’ordre dans le monde. Un mot de ce genre a l’avantage de donner aisément un verbe ordiner, un nom d’action ordination. L’inconvénient est que ordination désigne une cérémonie religieuse ; mais les deux champs de signification (religion et comptabilité) sont si éloignés et la cérémonie d’ordination connue, je crois, de si peu de personnes que l’inconvénient est peut-être mineur. D’ailleurs votre machine serait ordinateur (et non ordination) et ce mot est tout à fait sorti de l’usage théologique. Systémateur serait un néologisme, mais qui ne me paraît pas offensant ; il permet systématisé ; — mais système ne me semble guère utilisable — Combinateur a l’inconvénient du sens péjoratif de combine ; combiner est usuel donc peu capable de devenir technique ; combination ne me paraît guère viable à cause de la proximité de combinaison. Mais les Allemands ont bien leurs combinats (sorte de trusts, je crois), si bien que le mot aurait peut-être des possibilités autres que celles qu’évoque combine.
Congesteur, digesteur évoquent trop congestion et digestion. Synthétiseur ne me paraît pas un mot assez neuf pour désigner un objet spécifique, déterminé comme votre machine.
En relisant les brochures que vous m’avez données, je vois que plusieurs de vos appareils sont désignés par des noms d’agent féminins (trieuse, tabulatrice). Ordinatrice serait parfaitement possible et aurait même l’avantage de séparer plus encore votre machine du vocabulaire de la théologie. Il y a possibilité aussi d’ajouter à un nom d’agent un complément : ordinatrice d’éléments complexes ou un élément de composition, par exemple : sélecto-systémateur. Sélecto-ordinateur a l’inconvénient de deux o en hiatus, comme électro-ordinatrice.
Il me semble que je pencherais pour ordinatrice électronique. Je souhaite que ces suggestions stimulent, orientent vos propres facultés d’invention. N’hésitez pas à me donner un coup de téléphone si vous avez une idée qui vous paraisse requérir l’avis d’un philologue.
Vôtre
Jacques Perret »
Au printemps de 1955, IBM France s’apprêtait à construire dans ses ateliers de Corbeil-Essonnes les premières machines électroniques destinées au traitement de l’information. Aux États-Unis ces machines étaient appelées Electronic Data Processing System ou EDPS. Le mot computer était plutôt réservé aux machines scientifiques et se traduisait aisément en calculateur ou calculatrice. Sollicité par la direction de l’usine de Corbeil-Essonnes, François Girard, alors responsable du service promotion générale publicité, décida de consulter un de ses anciens maîtres, Jacques Perret, professeur de philologie latine à la Sorbonne. À cet effet il écrit une lettre à la signature de Christian de Waldner, président d’IBM France. Il décrit sommairement la nature et les fonctions des nouvelles machines. Il accompagne son courrier de brochures illustrant les machines mécanographiques. Le 16 avril, le professeur Perret lui répond. L’ordinateur IBM 650 peut commencer sa carrière. Protégé pendant quelques mois par IBM France, le mot fut rapidement adopté par un public de spécialistes, de chefs d’entreprises et par l’administration. IBM décida de le laisser dans le domaine public.
Le courrier à l’origine du mot : (dont IBM France était le destinataire)
« Le 16 IV 1955
Cher Monsieur,
Que diriez-vous d’ordinateur? C’est un mot correctement formé, qui se trouve même dans le Littré comme adjectif désignant Dieu qui met de l’ordre dans le monde. Un mot de ce genre a l’avantage de donner aisément un verbe ordiner, un nom d’action ordination. L’inconvénient est que ordination désigne une cérémonie religieuse ; mais les deux champs de signification (religion et comptabilité) sont si éloignés et la cérémonie d’ordination connue, je crois, de si peu de personnes que l’inconvénient est peut-être mineur. D’ailleurs votre machine serait ordinateur (et non ordination) et ce mot est tout à fait sorti de l’usage théologique. Systémateur serait un néologisme, mais qui ne me paraît pas offensant ; il permet systématisé ; — mais système ne me semble guère utilisable — Combinateur a l’inconvénient du sens péjoratif de combine ; combiner est usuel donc peu capable de devenir technique ; combination ne me paraît guère viable à cause de la proximité de combinaison. Mais les Allemands ont bien leurs combinats (sorte de trusts, je crois), si bien que le mot aurait peut-être des possibilités autres que celles qu’évoque combine.
Congesteur, digesteur évoquent trop congestion et digestion. Synthétiseur ne me paraît pas un mot assez neuf pour désigner un objet spécifique, déterminé comme votre machine.
En relisant les brochures que vous m’avez données, je vois que plusieurs de vos appareils sont désignés par des noms d’agent féminins (trieuse, tabulatrice). Ordinatrice serait parfaitement possible et aurait même l’avantage de séparer plus encore votre machine du vocabulaire de la théologie. Il y a possibilité aussi d’ajouter à un nom d’agent un complément : ordinatrice d’éléments complexes ou un élément de composition, par exemple : sélecto-systémateur. Sélecto-ordinateur a l’inconvénient de deux o en hiatus, comme électro-ordinatrice.
Il me semble que je pencherais pour ordinatrice électronique. Je souhaite que ces suggestions stimulent, orientent vos propres facultés d’invention. N’hésitez pas à me donner un coup de téléphone si vous avez une idée qui vous paraisse requérir l’avis d’un philologue.
Vôtre
Jacques Perret »










